Charles CLAUDE - Gouverneur 2015-2016

Edito

A l’approche du mois de septembre, la rentrée des classes se profile, avec elle, la mise en œuvre de grandes manifestations internationales liées aux préoccupations de l’alphabétisation et l’éducation de base. Le Rotary international co-fondateur, en 1946, de l’UNESCO, organe international qui a fait du 8 septembre « l’International Literacy Day » pour sensibiliser l’humanité à ces problèmes, s’inscrit naturellement dans cette démarche. Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement ? La force du Rotary n’est-elle pas sa capacité à s’adapter aux circonstances afin de mieux coller à la réalité ?

Or, dans ce domaine qui constitue le thème du mois rotarien cette réalité est diverse. Elle touche à l’éducation, c’est-à-dire à l'apprentissage des savoirs, croyances et coutumes et au développement des facultés physiques, psychiques et intellectuelles de toutes personnes, enfants, certes,  mais aussi adultes quelle que soit leur origine ethnique, sociale, culturelle religieuse et quel que soit leur genre. Elle relève des droits de L’Homme, à ce titre elle est inscrite dans la Déclaration universelle qui les régit depuis 1946. Elle est dispensée par les parents, la famille, le clan, la tribu et à une autre échelle, par l’Etat dont la tâche éducative, se réduit, en général à l’instruction par le biais de l’enseignement scolaire.

L’Ecole obligatoire gratuite est le fondement même de l’épanouissement individuel, social et politique, mot pris ici dans son sens littéral, celui de l’organisation de la cité. Elle existe en France depuis les lois Ferry (1881-1882) mais reste dans la plupart des régions du globe un épiphénomène.  Ainsi, le taux d’alphabétisation du Mali est inférieur à 30% et ne concerne que la fraction de la population la plus aisée, probablement aussi la plus occidentalisée alors qu’au niveau mondial, près de trente millions d’enfants sont encore privés d'éducation, en raison notamment des conflits armés ou des dictatures qui préfèrent les laisser dans l’ignorance. Les démocraties et d’une façon générale les pays dit développés, dans lesquels l’indice de développement humain est supérieur ou égal à 0,8 n’échappent cependant pas à ce fléau même si le taux d’alphabétisation frise les 100%. En France, par exemple, quelque 2 500 000 personnes, parmi les plus démunies, âgées de 18 à 65 ans mais ayant pourtant été scolarisées sont en réelle situation d’illettrisme. 
Ces quelques chiffres en témoignent ! TROP de personnes restent au bord du chemin. Il est temps de faire cesser cette situation, de faire en sorte que chacun dispose des bases suffisantes pour être dans le monde, le comprendre, le respecter, le transmettre. 

Qui mieux que les 1,2 million de Rotariens, dispersés dans le monde entier et en permanence en contact avec les réalités sociétales peuvent agir efficacement pour lutter contre ces dysfonctionnements. Nous pourrions nous contenter de l’action des grandes institutions, nous pourrions nous rendre à l’UNESCO, le 8 septembre prochain, pour entendre les orientations et les objectifs  fixés pour les prochaines décennies, mais cela ne suffit pas. 
S’immerger dans le quotidien de ceux qui sont dans le besoin à la condition qu’ils fassent eux-mêmes l’effort de l’apprentissage et de l’application des valeurs collectives doit être le lot de chacun d’entre nous. 

Nous connaissons tous dans notre ville, dans notre région des associations  composées de quelques personnes dévouées qui luttent, localement où dans des contrées éloignées, contre l’analphabétisme et l’illettrisme,  et dans lesquels nous devrions nous investir par un soutien matériel certes, mais également humain. Du crayon à l’ordinateur en passant par les livres et les cahiers - et pourquoi pas l’amélioration des locaux - nous avons de quoi faire avec le concours de notre  Fondation  dans la mesure où nous œuvrons dans un des six domaines prioritaires.

Réfléchissons, écoutons MAIS SURTOUT AGISSONS c’est ainsi que nous ferons individuellement et collectivement DON DE SOI AU MONDE.

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