Pascal PERAN, Gouverneur 2021-2022 du District 1790

Edito

Le 24 février 2022, le Président Poutine a fait rugir ses chars et a lancé son armée à l'assaut de l'Ukraine pour envahir ce pays. La veille, 23 janvier, le Rotary international a fêté son 117ème anniversaire. Notre mouvement, vous le savez, s'est donné pour but de favoriser l'entente entre les peuples par une meilleure connaissance mutuelle pour, justement, préserver la paix. Les évènements du 24 janvier ne peuvent donc nous laisser indifférents.

Le canon tonne à nouveau sur notre continent. L'Ukraine est à nos portes. Ce pays est frontalier de la Pologne, de la Slovaquie, de la Hongrie, de la Moldavie et de la Roumanie. C'est à côté ! Il y a eu bien sûr par le passé des opérations militaires en ex-Yougoslavie, mais rien de tel depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'Europe vivait en paix depuis plus de 75 ans ! Paix armée pendant toute la période de la Guerre froide, mais paix quand même. Paix ensuite après la chute du Mur de Berlin, pendant très longtemps, mais voilà que l'Ours russe se réveille et sort de sa tanière. Le conflit en Géorgie de 2008, l'annexion de la Crimée en 2014 et le soutien aux séparatistes du Donbass n'auront été que des signaux précurseurs.

Pourquoi une telle violence ? L'agression russe est une violation manifeste du droit international. Mais rappelons-nous que, malheureusement, les états n'ont pas d'amis. Ils n'ont que des intérêts. Or, la Russie, que ce soit celle des Tsars, de l'Union soviétique ou de Poutine a un problème constant en tête : celui du maintien d'un accès libre permanent aux mers chaudes. Le contrôle des ports de Mariupol en mer d'Azov et d'Odessa et Sébastopol (déjà annexé) en mer Noire représentent des enjeux stratégiques pour le Président Poutine. L'autre point qu'il faut avoir à l'esprit, pour tenter de comprendre la psychologie russe ou du moins celle de ses dirigeants actuels, est relatif au "syndrome de l'encerclement". La Russie de Poutine ne peut supporter que l'Ukraine puisse adhérer à l'Union européenne voire, pire, à l'OTAN comme ses dirigeants l'ont demandé. Ce serait admettre une présence "hostile" à sa frontière. La Russie cherche à reconstituer un glacis.

Alors, qu'est-ce que la Paix ? Un bien précieux tout d'abord, comme la liberté ou la santé. Il nous faut la préserver à tout prix, c'est certain. Mais sans doute pas à n'importe quel coût ! Pendant la Guerre froide évoquée supra, c'est l'équilibre de la terreur qui nous a protégés Rien d'autre !

Si vis pacem, para bellum nous ont enseigné les Romains. Rien n'a changé depuis.  Clausewitz, théoricien de référence, nous rappelle que "La guerre n'est que la continuation de la politique par d'autres moyens". Cela signifie qu'il faut rester fort en permanence pour empêcher l'autre de passer à l'action. Ce n'est pas en désarmant que l'on contribue à maintenir la paix.

Souvenons-nous des "Dividendes de la paix", glanés sur le dos des budgets militaires dans le fracas de la chute du Mur de Berlin. Ils placent aujourd'hui nos vieilles démocraties européennes occidentales dans des situations de faiblesse face aux puissances belliqueuses qui n'ont cure de violer les lois internationales. Il n'y a pas de diplomatie qui tienne, si les soldats ne sont pas derrière, prêts à … au cas où….

Le retour rapide de la paix est souhaitable. Il faut éviter l'embrasement général. En attendant, les Rotariens sont en train de se mobiliser pour "Servir pour changer des vies" et pour venir en aide aux Ukrainiens qui fuient les zones en ruine de leur pays. Je remercie les clubs pour leur engagement. J'ai pu mesurer lors d'une visio conférence récente avec leurs présidents l'ampleur de cette mobilisation. MERCI. Vous êtes formidable. Serrons les rangs. Ne nous dispersons pas. Restons mobilisés autour du District qui agit lui-même de manière coordonnée avec les 17 autres districts français pour constituer une force efficace au bénéfice de populations sidérées, démunies et dans le plus grand désarroi. Ceux qui arrivent chez nous ont tout perdu, leurs vies se résument le plus souvent à un ou deux pauvres bagages.

Mais dans le même temps, continuez à vous protéger, à protégez les autres et faites-vous vacciner ! Car la pandémie n'est pas tout à fait encore derrière nous.

Bien amicalement,

Pascal PÉRAN
RC Metz Rive gauche
Gouverneur 21 / 22 D1790