Un modèle européen qui émerge et se distingue des approches américaines et chinoises, tel est ce modèle européen durable.

Concilier dans l’entreprise, l’intérêt de ses actionnaires, du marché, de ses utilisateurs, de l’environnement, de la société dans son ensemble tel est le modèle européen qui émerge et se distingue des approches américaines et chinoises.

Trois pistes sont évoquées pour installer ce modèle émergent. Première piste: consacrer au niveau européen la définition de l’entreprise, en tant que «corps constitué par des associés en vue de produire des biens et services, compatibles avec les exigences de durabilité de la planète et dans le respect de la loi et des principes de sécurité, de santé, d’équité, de non-discrimination, de protection de l’environnement, de transparence. L’entreprise contribue par la gestion de ses impacts à l’utilité sociale et tient compte dans ses décisions de l’intérêt de toutes les parties prenantes à son activité, dont les territoires où elle agit. Elle est responsable de mettre en œuvre les diligences raisonnables appropriées pour toutes ses composantes, partout où elle exerce son activité et de pouvoir rendre compte de sa performance globale ». Deuxième piste, insérer ce socle commun de l’entreprise européenne durable et responsable dans un référentiel de « soft law » qui aurait vocation à devenir un référentiel mondial. Il s’agirait de pouvoir identifier les entreprises qui le respectent de celles qui s’en affranchissent, pour en tirer les conséquences appropriées dans l’ouverture au commerce en Europe. Troisième piste susceptible de conforter le modèle d’entreprise durable européenne, l’incitation à publier dans le bilan « le retour pour le territoire » de l’activité locale. Soit la somme des impacts locaux positifs, moins celle des impacts négatifs. Un agrégat qui a vocation à devenir le véritable indicateur de l’utilité sociale d’une firme. Cette présentation montre  combien l’entreprise responsable est au centre de l’évolution positive de l’Europe, combien elle est une condition pour réconcilier ses acteurs et faire de l’Europe un territoire de consensus pour un développement de qualité pour ses habitants. Vous noterez que notre Ryla « jeunes professionnels »va bien dans ce sens.

Texte de Patrick d’Humières, directeur de l’Académie durable internationale publié en Janvier 2018 par la Fondation Robert Schuman.