Avec les contraintes sanitaires, tout est chamboulé. Même les fondamentaux rotariens, bien huilés comme le SFPE. Le Gouverneur élu a innové en l’organisant cette fois en trois phases. Après deux séquences en ligne, il consacre cette fin de printemps à des rencontres par secteur. Pascal Péran en tire les premiers enseignements et impressions.

Le Séminaire de formation des présidents élus (SFPE), exercice bien rôdé au sein du District 1790 depuis plusieurs années, avec un passage obligé à Saint-Jean-de-Bassel, a connu, lui aussi, les vicissitudes de la pandémie et des mesures de confinement successives. Déjà, en 2020, mon prédécesseur, Patrick Vilain avait dû, dans l’urgence, s’adapter et innover. En allant vers les présidents élus, secteur par secteur, il a tracé une piste que je me suis empressé d’emprunter en prenant très tôt la décision de « faire autrement » tant que le virus continuerait à rôder autour de nous. C’était le cas. Le SFPE 2021 a donc été organisé en trois phases, toutes en présence des adjoints du Gouverneur :

  • Une première fin février, dès « mon retour » de la E-Assemblée internationale d’Orlando, par secteur et par visioconférence, pour « briser la glace » et tracer la route que nous allions emprunter ;
  • Une deuxième le 13 mars, en mode plénière, mais toujours en « Zoom », avec la complicité d’autres intervenants, pour délivrer le message du Président du Rotary international 21-22 et présenter mes priorités pour l’année rotarienne à venir ;
  • Enfin une troisième en mode présentiel, secteur par secteur, exclusivement réservée aux aspects concrets et « pratico pratiques » de la vie des clubs et des relations avec le District.

Quels enseignements tirer de cette organisation ?

Des avantages tout d’abord

De nombreux présidents élus m’ont fait part de deux satisfactions principales :

  • Le séquençage tout d’abord : il permet visiblement de mieux absorber la très importante quantité d’informations délivrées. La formule retenue a tenu compte du volume horaire habituellement consacré aux interventions prévues à Saint-Jean-de-Bassel. Il n’y a pas eu d’impasse. Mais la « scientifique moelle » a été délivrée par étapes ;
  • La proximité ensuite : cette formule par secteur, que ce soit en zoom (phase 1) et surtout en présentiel (phase 3) permet un contact direct, prolongé et quasi individualisé présidents-Gouverneur.

J’y ajouterai un troisième point : cette formule permet de « faire équipe » assez vite, je veux dire par là promouvoir et favoriser un esprit de cohésion entre les futurs présidents et leur ADG. Ce point est tout particulièrement important dans les secteurs au sein desquels les distances entre les clubs sont importantes et où cette pratique de l’interclub est plus difficile à mettre en œuvre ou moins pratiquée qu’ailleurs jusqu’à présent.

Des inconvénients également

Il y en a deux principaux :

  • Le premier, est l’absence de convivialité et de rencontres « autour d’un verre », d’autant que les conjoints n’ont pas été associés au SFPE ni en 2020, ni en 2021 ;
  • Le second, est pour le Gouverneur élu une contrainte d’agenda et de déplacements non négligeable avant même de démarrer son année.

Mais à ces deux points, j’opposerai les deux remarques qui suivent : la première demandant bien évidemment une réflexion plus importante à conduire à tête reposée. La formule Saint-Jean-de-Bassel tout d’abord. Bien qu’elle offre une unité de temps et de lieu évidente, est-elle tenable dans la durée ? Nous souhaitons accueillir et fidéliser de plus en plus de jeunes Rotariens actifs. Continueront-t-ils à accepter de consacrer 24 heures d’affilée en deux demi-journées à ce séminaire ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Pour rejoindre cette activité le vendredi vers 16h00, il faut quitter le travail en début d’après-midi et attendre le retour des conjoints après le déjeuner du samedi pour reprendre le chemin de la maison qui sera rejointe vers 16h00 ou 17h00 dans la plupart des cas. La formule actuelle est moins contraignante en termes de disponibilité.

Quant au temps passé sur les routes par le Gouverneur élu, je dirai que c’est un investissement. Quel plaisir d’échanger avec les présidents, de partager un café avec eux et de faire leur connaissance avant d’aller visiter leur club. Tout cela, est finalement du temps de gagné pour la suite. A Saint- Jean-de-Bassel, c’était sans doute également théoriquement possible, mais dans un contexte de participation plus important et donc avec moins de proximité.

Maintenant, quelles suites ?

J’ai tenu le Gouverneur nommé, Vincent Pommier, au courant de mes intentions, de mes décisions et de la conduite des opérations. A lui de voir comment il souhaite pratiquer l’an prochain. S’il venait à me demander conseil, je lui dirai qu’en l’absence de contraintes sanitaires (ce que je lui souhaite, bien entendu), il aurait intérêt à retirer des deux exercices précédents 2020 et 2021 les deux enseignements suivants : Quelle que soit la formule et le lieu choisi pour le SFPE / partie principale, un pré-SFPE permet « faire chauffer le moteur » en incitant les futurs présidents de clubs à se mettre dans le bain assez tôt dans l’année ; La « tournée des popotes », secteur par secteur, est appréciée, à la fois des présidents mais également des ADG. Tout le monde en retire un grand bénéfice.

Le Rotary nous demande dans son plan stratégique d’améliorer notre capacité d’adaptation, de construire une culture basée sur la recherche, l’innovation et la volonté de prendre des risques, de moderniser la gouvernance, la structure et les processus. Guidé par Patrick qui a ouvert la voie, c’est ce que je viens de faire. Puisse ce travail profiter à Vincent et à celles et ceux qui lui succèderont.

Amitiés rotariennes,

Pascal Péran
RC Metz Rive gauche
DGE 1790