Déclaration du Président de la Fondation Robert Schuman, lors de la publication du rapport sur l’état de l’Union.

Nous venons de célébrer, le 9 Mai 2020, le 70° anniversaire de la déclaration de Robert Schuman, qui devait aboutir à la signature du traité de Paris, instituant la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier CECA).

La méthode Monnet que porta politiquement Robert Schuman, correspondait aux exigences du moment. Jamais au sein des classes politiques nationales, des gouvernements et du Conseil de l’Union européenne qui en rassemble les représentants, les doutes n’ont été aussi forts à propos de la pertinence de l’Union européenne et de ses politiques. A 70 ans, la construction européenne a certainement besoins d’un lifting, à défaut d’une réinvention. Les valeurs de l’Europe sont directement interpelées par le nationalisme qui a gagné toutes les régions de la planète. Le retour du nationalisme en Europe, c’est l’assurance, à terme, de graves conflits, alors que l’Europe est certainement l’espace politique où les libertés individuelles et collectives sont les mieux protégées, consacrées par des traités sous le parapluie des juridictions. Nous devons nous interroger pour comprendre pourquoi certains n’acceptent pas l’esprit de liberté et d’égalité qui a soufflé sur l’Europe depuis les années 50 et trouver les moyens, au prix d’un combat politique plus vigoureux, de rattraper ces errements. Le retour d’une droite extrême nationaliste et xénophobe, de l’antisémitisme, dont on aurait pu croire l’Europe guérie, d’une extrême gauche de plus en plus violente, sont des sujets de préoccupation qui méritent un engagement politique plus résolu. La souveraineté de l’Europe doit aussi s’affirmer dans ses domaines économiques et juridiques.   Ainsi le droit à la concurrence devrait être entièrement réformé et surtout les états membres doivent accepter de modifier et de compléter les traités qui datent. L’obligation des dirigeants européens est de sortir du cadre purement diplomatique pour faire de la politique. Il faut se concentrer sur des objectifs précis, ne pas forcément vouloir avancer à tout prix à 27 avant de penser aux moyens à mettre en œuvre. Une Union au sein de laquelle les chefs d’états et de gouvernements prennent toutes leurs responsabilités politiques et ne laissent pas à leurs diplomates le soin de trouver des compromis est en mesure de s’élever au niveau de ces enjeux.