L’Europe n’a pas sombré dans la vague eurosceptique qui aurait pu la condamner. L’Europe est passée au Vert.

Fini la domination des partis conservateurs et sociaux-démocrates : le Parlement européen sera fragmenté. Il faudra compter avec les formations nationalistes et eurosceptiques, mais aussi avec les écologistes, qui font une percée décisive en Allemagne et en France. (Courrier International N° 1491). Vue de Londres, la percée des Verts et le recul des partis traditionnels démontrent que les électeurs pro européens ont su privilégier d’autres formations politiques pour se faire entendre. Depuis Madrid, Marine Le Pen, en France, sort renforcée du scrutin alors que les partis républicains et le parti Socialiste s’effondrent. Les Verts bénéficient de la prise de conscience écologique mondiale.

Que va-t-il se passer ces prochaines semaines ? La fragmentation du Parlement augure d’âpres négociations autour des plus hauts postes de l’Union, notamment les présidences de la Commission, du Conseil, du Parlement ainsi que le portefeuille de haut représentant pour les affaires étrangères. En dépit de la poussée populiste, les partis pro européens gardent une majorité de sièges, mais le nouvel équilibre des forces est difficile à établir. Car pour la première fois, le parti Populaire européen (PPE) et le parti Socialiste (PSE) n’obtiendront pas la majorité absolue des sièges. Même si le PPE demeure le groupe le plus important, il sera largement dépassé par les autres principaux groupes europhiles, à savoir les Socialistes, les Libéraux et les Verts. Ils devraient à eux trois contrôler 326 sièges et ont fait part de leur désir de briser l’hégémonie des conservateurs sur le leadership des institutions européennes. Du côté du Rotary et de l’Europe, les rencontres imaginées à la Cour de Justice européenne de Luxembourg se confirment. Le cabinet du Président allemand du Rotary international a confirmé sa venue lors de nos travaux. Un programme sera prochainement diffusé.