2018 marque le retour de l’Europe sur la scène internationale... De nombreux feux se sont mis au vert, même si demeurent des écueils. Les élections européennes de l’an prochain pourraient permettre d’aller de l’avant.

«  Alors qu’elle a traversé une crise économique grave, qui a entraîné un vrai désamour des citoyens, elle semble pouvoir désormais mieux faire valoir ses atouts et relever les défis qui lui sont lancés. Un rebond politique pourrait lui permettre de revenir au tout premier plan» estimait Jean-Dominique Giuliani, Président de la Fondation Robert Schuman dans la lettre d’avril de la Fondation. Il campait ainsi ses espoirs, que nous analysons ici sous plusieurs angles.

Une vraie dépression surmontée : La crise des dettes publiques a triplement ébranlé l’Union européenne. Tranquillement installées à l’abri de l’euro, les politiques économiques et financières des États membres ont divergé jusqu’au rappel brutal que les « subprimes » ont envoyé à l’Europe. Les avancées réalisées dans la crise, conjuguées à l’action décisive de la Banque centrale européenne, l’ont sauvée du désastre. Une fois encore, l’Union a démontré sa solidité politique alors que sa gouvernance avait pêché par imprévoyance et inachèvement.

Un rebond plus rapide que prévu : Le rebond européen se traduit d’abord par un désaveu de l’euroscepticisme dans les urnes. La poussée populiste, réelle partout sur le continent, apparaît cependant contenue dans sa dimension eurosceptique.  Dans aucun État membre, à l’exception du Royaume-Uni en 2016, n’a triomphé un parti ou une coalition favorable à la sortie de l’Union ou à une remise en cause de ses traités. Dans le contexte mondial, l’Union européenne confirme ainsi une stabilité que ses propres acteurs semblent sous-estimer. Sur le plan économique, la vigueur de la reprise a surpris. L’Europe est sortie de la crise et, au début 2018, aucun État membre à l’exception du Royaume- Uni, ne voit ses prévisions macro-économiques en baisse. Son PIB atteint 13 000 milliards € qui en fait la première zone de création de richesses mondiale en valeur absolue. La croissance économique est de retour. Sur la période 2014-2016, elle affiche pour les 27 une moyenne de 2 %, ce qui la place au même rang que les États-Unis et le Japon. Elle a largement profité de la politique des taux bas et des mesures d’injection de liquidités de la BCE.

De nouveaux défis : Il existe un vrai consensus chez les observateurs pour considérer que l’Europe n’a pas d’autre choix que d’évoluer dans ses règles, son fonctionnement et ses politiques. D’ailleurs, c’est aussi en ayant progressé dans ses régulations qu’elle a surmonté la crise précédente. L’embellie économique mondiale lui donne l’occasion de s’atteler plus sereinement à combler ses imperfections et à affronter plus résolument des problématiques incontournables. Au titre des premières figurent à l’évidence les questions de gouvernance et d’abord celle de l’euro.

Les élections européennes de mai/juin 2019 pourraient aussi donner lieu à quelques surprises dans un contexte européen en pleine recomposition. Franchira-t-elle les portes du Parlement européen poussée par une nouvelle génération de dirigeants qui veulent revigorer l’Union ?

Changer de dépendances : Le deuxième défi auquel l’Union doit faire face, certainement le premier par son importance, c’est la sécurité au sens le plus large. Sécurité intérieure menacée par le terrorisme, la criminalité transfrontière, mais surtout la sécurité extérieure mise en cause par un environnement géopolitique menaçant. La défense de l’Europe n’est pas assurée par ses soins. Elle doit donc résolument s’assumer et pour cela nombre d’États membres doivent accepter de changer de dépendances pour construire ensemble une nouvelle indépendance.

Les méthodes : Nombre de discussions continuent de fleurir sur la différenciation au sein de l’Union : Europe à plusieurs cercles, à géométrie variable, noyau dur. Elles témoignent des fractures qui s’agrandissent entre Nord et Sud et entre Est et Ouest. Ces débats présentent pour l’Union un risque mortel. Ils dressent les peuples les uns contre les autres, accroissent les frustrations ou les ressentiments. Ils ne constituent rien de positif ni de concret et doivent être réfutés. « L’Union sans cesse plus étroite entre les peuples d’Europe »  pourrait s’en trouver compromise en confondant les objectifs – la solidarité entre les peuples – avec les moyens – quel rôle pour les États membres ? – qui semblent bien être interpellés vigoureusement par la situation actuelle : l’Union n’est-elle pas malade de ses États ?

 


 

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Jacky CHEF, DG 1790-2016/2017