L’accumulation des données, la transparence et la productivité apportées par l’intelligence artificielle, mettent en cause le contrat social dans notre pays.

Telle est l’analyse effectuée par le professeur Bruno Deffains, devant les participants à la conférence de District à Pont-à-Mousson. Jusqu’au milieu du XIXème siècle, le principe de fonctionnement de notre société a été fondé sur l’auto-assurance. À partir du milieu du XIXème siècle, avec le développement de la condition ouvrière, nous avons vu apparaître le début de l’assurance collective. Le système s’est perfectionné jusqu’à arriver à la construction de l’état-providence après la Deuxième Guerre mondiale, tel que nous le connaissons. Le développement de “l’ubérisation“, la croissance des inégalités, la captation de richesses entre quelques mains (par exemple les GAFA) marque la fin de l’homo economicus rationnel.  Nous acceptons de livrer nos données personnelles sur les réseaux sociaux, ce qui les enrichit. La Chine a mis au point un système de notation sociale, agglomération de données personnelles diverses, y compris la reconnaissance faciale dans la rue. Nous sommes horrifiés, mais certains Chinois sont fiers de leur « bonne note sociale » et la communiquent à leurs réseaux sur Baidu !

En même temps, 20 % de la population française est dans l’illettrisme électronique. Nous risquons de quitter le système assuranciel pour un autre système d’individualisation des cotisations établies sur des données numériques collectées. Le bonus/malus de nos assurances automobiles n’en est qu’un début. Nous devenons chacun un segment marketing. L’état-providence, dont nous sommes collectivement fiers en France, est en danger.

Recueilli par Bruno Vernin, PDG

En charge de la communication du District