Le RC de Nancy a organisé une conférence sur la personnalité et la carrière du Général de Castelnau.

Le Rotary club de Nancy a organisé, mercredi 21 novembre, un dîner avec conjoints, avec une conférence de Monsieur Benoit Chenu, arrière-petit-fils du Général de Castelnau sur la personnalité et la carrière de son aïeul. Monsieur le Préfet de Meurthe-et-Moselle, Éric Freysselinard, nous a fait l’honneur d’y participer et est devenu, ce jour, membre d’honneur de notre club.

Édouard de Castelnau a été un militaires d’active longtemps peu apprécié par la hiérarchie de l’époque en raison de ses convictions catholiques affirmées. Le radical-socialisme était au pouvoir, dans un contexte de grande tension entre la république et les catholiques (les fiches du Général André, les inventaires). Il a pris en 1900 le commandement du 37 ème régiment d’infanterie à Nancy ; un régiment de couverture, et donc un régiment d’élite. «Oublié » à Nancy, il reste 5 ans à ce commandement et y acquiert une grande expérience du territoire autour de Nancy, ce qui sera très utile en septembre 1914. De retour à Paris en 1905, il reçoit  ses étoiles et se prépare à partir en retraite quand il est appelé en 1912 comme chef d’état-major de Joffre. Ensemble, ils préparent la guerre qui se profile, et en août 1914, il prend le commandement de l’aile droite de l’armée autour de Nancy.

L’avancée vers Morhange est une défaite, suivie par la poussée allemande vers Charmes pour couper les arrières des armées françaises et anglaises qui sont sur la frontière. C’est le début de la bataille de la Marne. De Castelnau bloque l’avancée allemande avec l’artillerie française, bien placée, (le canon de 75) dans le secteur de Rozelieure et la fait refluer en désordre vers Lunéville.

La bataille du Grand Couronné qui suit immédiatement est un épisode plus secondaire de la guerre.

Sans la victoire de Charmes, la bataille de la Marne était perdue et Paris prise par les Allemands en septembre 14.

Castelnau fait partie des quatre généraux qui ont commandé les armées françaises pendant toute la guerre de 14/18 avec Joffre, Pétain et Foch. Il a été très engagé dans la défense de Verdun.

Il y a fait preuve d’un grand talent tactique, ainsi que stratégique en ouvrant un deuxième front contre l’Autriche-Hongrie à Salonique, qui est un des facteurs de la victoire de 1918. Sa nomination au Maréchalat était attendue et même annoncée en 1919, mais elle a été bloquée par le pouvoir politique, à la fois pour les raisons exposées ci-dessus et par le fait que de Castelnau a été élu à la Chambre des Députés en 1919 y devenant un des leaders du bloc des droites. En totale opposition au Maréchal Pétain à partir de 1940, il meurt trois mois avant le débarquement en Normandie.

L’ouvrage écrit par Benoît Chenu a pour titre «Castelnau, le quatrième Maréchal » publié chez Bernard Giovanangeli, éditeur

Bruno Vernin, PDG
RC Nancy