Plus 2021 déroule son calendrier, moins il apparaît que les réunions physiques soient possibles. Un casse-tête pour quiconque souhaite structurer son action à venir, comme dans le cas du Gouverneur élu du District. Comme il l’a déjà réalisé à maintes reprises pour réunir son comité, il a cette fois mené son premier contact avec ses futurs ADG via Zoom. Histoire d’une montée en puissance numérique.

Pascal Péran a lui-même raconté son aventure formatrice à travers le monde numérique de Zoom dans la Lettre du Gouverneur de janvier. Cette fois, c’est lui qui génère le rendez-vous de ses ADG de demain, pour nouer un premier contact, préciser les attentes et commencer à travers la voie. Un samedi matin à l’aube des écrans, s’agrègent donc, petit à petit autour du Gouverneur élu, Thérèse Pigeon qui sera sa coordonnatrice des ADG, parce qu’elle a tenu le poste quatre années durant à Metz, mais aussi son Protocole Michel Frottier, son secrétaire, votre serviteur, puis au fur et à mesure de leur entrée en lice, les ADG déjà en place et qui le seront encore l’an prochain, mais également deux nouveaux venus. Une belle petite troupe épaulée par Vincent Pommier, dont les multiples casquettes et le recul rotarien, en font un homme précieux.

A l’heure dite, la conférence démarre. Le Gouverneur élu campe les enjeux du prochain séminaire de formation des présidents élus (SFPE) de mars. Il indique qu’il prévoit un dispositif en plusieurs séquences en lieu et place du grand rendez-vous de Saint-Jean-de-Bassel. En clair, il s’agit pour Pascal de conduire des réunions Zoom, secteur par secteur dès le début de février, puis le 13 mars, d’organiser le regroupement général. L’idée était de le faire au domaine de l’Asnée à Villers-lès-Nancy, mais compte tenu de la pandémie, Pascal Péran a lancé une consultation des ADG virtuellement réunis.

Un aréopage qui n’a guère tergiversé à ce propos et qui a opté pour la formule à distance. Tout en sachant que le timing de ladite réunion devra tenir compte de sa forme. Un autre choix aurait consisté à en reculer la date, mais cela n’a pas paru judicieux. Si mars est le moment du SFPE, c’est aussi parce qu’il y a du travail de formation à conduire et qu’il doit l’être dans les temps. N’oublions pas que d’autres séquences suivent dans le calendrier du District, tels le SFBE en mai, la réunion des deux comités descendant et montant, les 5 et 6 juin à Nancy et l’assemblée en principe à l’Arsenal, le 26 juin.

Nous nous orientons vers un SFPE en Zoom. La décision sera prise lors du prochain comité restreint. Au fil de la discussion, les participants ont indiqué : « Il ne faut pas abasourdir les présidents élus avec des documents, surtout en session en ligne » préconise Detlev Goetz. « Mieux vaut jouer la carte de la convivialité ». Pour Martine Delatte « certains de ces présidents élus se connaissent déjà et ont eu des échanges » tandis que Pascal Péran ajoute « il s’agit de préparer au mieux nos présidents de demain. Ensuite, je verrai secteur par secteur pour finaliser. »

Le défi des effectifs

Vincent Pommier s’est longuement attardé sur la question des effectifs, où les ADG ont un rôle fort à jouer. Ils doivent contribuer à mettre sur pied un plan stratégique et aider à partager les bonnes pratiques qui sont payantes. Car il y a péril en la demeure. Avec 1,178 million de membres à travers le monde, le Rotary connaît une baisse d’effectifs. Ceci bien que 100 000 recrutements se produisent chaque année, mais il faut compter avec 105 000 démissions. Nous avons donc un problème de fidélisation. Dans notre District, nous comptabilisons 1 738 membres, avec une perte de 66 personnes l’an passé. Recruter c’est bien, mais il faut garder. Pour cela, il convient de former, d’impliquer au plus vite, d’éviter de laisser des personnes sans suivi à propos de ce que sont les engagements du Rotary. Le taux des nouveaux membres qui partent est de 30% en trois ans. Cela révèle beaucoup d’attentes non satisfaites. Chaque club doit avoir une commission dédiée composée de plusieurs membres et conduire un travail sur les compétences qu’il souhaite attirer à lui. Un plan d’action doit être tracé. Selon Vincent Pommier, chaque club doit organiser une réunion stratégique une fois l’an, afin de tracer bilan et perspectives ; de la même façon, les clubs doivent mettre en place un suivi de leurs bénéficiaires. Le développement des effectifs passe par la création de nouveaux clubs, dans lesquels une bonne implication des gens doit être assurée, sans oublier de promouvoir la formation. Les clubs satellites sont également très importants, car avec huit personnes, ils permettent avec le club d’arrimage de développer de la vie rotarienne qui à terme pourra générer l’éclosion d’un club. « Nous devons mener une réflexion et confronter. Le rôle des ADG est déterminant et ils interviennent en soutien. Nous devons faire de cette cause des effectifs une priorité, fixer des objectifs et nous engager à moderniser notre mouvement. C’est d’autant plus nécessaire que les conséquences de la pandémie ne sont pas encore visibles. » Une intervention qui a suscité des réactions parmi les ADG : « Voilà trois ans que j’ai des problèmes avec des titulaires de postes qui ne veulent pas lâcher. C’est difficile. Il serait bon que les choses évoluent » regrette Martine Delatte. Philippe Fiaux estime que « Le mouvement y perd en dynamique quand les postes ne changent pas de mains ». Heidi Fouchault enfonce le clou : « Nous enregistrons de la résistance, certains ne veulent pas dételer. Cela revient parfois à gérer les clubs dans la coulisse en dehors des rouages normaux du club. » De façon plus modérée Vincent Pommier suggère « de nommer un adjoint au titulaire qui se forme et prend la succession, ce qui évite la rupture en permettant la fluidité. Soyons prudents, car il peut y avoir risque de démobilisation. Chaque club doit pouvoir s’ajuster. » Gérard Léoutre pense que « Le non mouvement est une sorte de confort pour le club et pour le président » et Alain Gomez redoute « qu’en cas de départ brutal d’une équipe inscrite dans la durée, le club risque le pire, la désagrégation, car personne d’autre n’est impliqué. Pour ma part ce genre de situation n’est pas une bonne chose. » Bon, en tout cas Zoom n’empêche pas l’expression des avis !