Avec l’Illettrisme-analphabétisme-dyslexie, nous sommes face à des difficultés majeures d’accès au langage écrit, qu’il convient de bien différencier : le résultat peut être comparable, alors que la cause et le traitement sont différents.

En ce mois de rentrée consacré à l’alphabétisation et en contrepoint de l’invitation à la dictée du Rotary, il a paru intéressant de revenir sur les fondamentaux.

L’analphabétisme consiste à n’avoir jamais appris à lire, à n’avoir jamais réussi à maîtriser ni le mécanisme de la lecture, ni surtout la compréhension du texte lu. L’illettrisme, en revanche, concerne des adultes qui ont appris à lire, ont maîtrisé le langage écrit, souvent imparfaitement, et en ont perdu l’usage à la suite d’une non-utilisation. La dyslexie est une pathologie du langage écrit, qui concerne des individus dépourvus d’atteintes sensorielles ou mentales qui, malgré un apprentissage standard du langage écrit ne parviennent pas à une maîtrise de celui-ci. En France, l’analphabétisme concerne peu de monde : le système scolaire français assure à ses ressortissants un enseignement du français écrit qui évite majoritairement cet écueil. L’illettrisme, a contrario, est plus fréquent qu’on ne le pense et touche une part relativement importante de la population, sensiblement 2,5 millions de personnes en France. De même, les troubles d’apprentissage du langage écrit concernent environ 10% des enfants lors de l’apprentissage de la lecture. L’illettrisme a pour conséquence l’absence de maîtrise de la lecture et de l’écriture, tant pour ce qui concerne l’expression que la compréhension. La personne illettrée se trouve systématiquement en situation d’échec à chaque fois qu’elle est confrontée à un écrit et se trouve dans l’incapacité de lire un titre d’article ou une consigne fût-elle de sécurité, voire de remplir un chèque. Le quotidien se trouve, de ce fait, semé d’embûches et de frustrations qui conduisent la personne illettrée à fuir toutes les situations qui pourraient la mettre en présence de langage écrit avec les conséquences de ce comportement face à l’intégration sociale et dans la recherche d’emploi.

Pas de petites actions

Jusqu’à présent, un certain nombre de nos clubs ont mis en place des actions de sensibilisation, sous forme de dictées par exemple, qui permettent aussi de récolter des fonds à destination des CRIL (centre de ressource illettrisme) et d’autres associations qui œuvrent dans ce domaine. Nous pouvons compléter ces actions en « donnant envie de lire » aux

enfants, en proposant de leur lire des histoires, que ce soit au sein d’écoles maternelles, de garderies, de bibliothèques municipales, ou de crèches…puisqu’en intéressant l’enfant dès son plus jeune âge au langage écrit, il sera naturellement tenté d’aller vers lui spontanément. Il est aussi possible d’organiser des jeux de lettres type scrabble, lexicon, boggle, que ce soit en salle ou en extérieur, sous forme de lettres géantes portées par les participants permettant de donner une dimension ludique à ces moments. Ces temps forts peuvent aussi être relayés par la presse afin de sensibiliser la population à ce handicap. Une autre piste consiste à organiser un repérage de personnes en difficulté avec le langage écrit, notamment au sein de nos entreprises et de leur permettre de bénéficier d’aides adaptées. Il y a une action possible pour chacun de nos clubs, ces actions font juste appel à notre bonne volonté, et à notre souci de servir. Que chaque club conçoive et développe une action de lutte contre l’illettrisme, voire certaines en interclubs. Grâce au maillage du territoire par nos clubs, nous pouvons avoir une action réellement efficace dans ce domaine. Il faut surtout se souvenir qu’il n’y a pas de petite action, mais la mise en place d’une pièce d’un puzzle, dont l’image reconstituée figure l’accès à la lecture pour ces personnes atteintes d’illettrisme.