Dirigeant associé d’Atoutbio qui compte vingt laboratoires en Meurthe-et-Moselle et dans les Vosges, Christophe Baillet continue à être en première ligne dans la lutte contre la Covid-19. Témoignage humain de ce biologiste nancéien, qui fut de longues années membre du club Nancy Stanislas avec lequel il garde un lien fort.

 

Comment les laboratoires ont-ils fait face lors de la première vague ?

Nous n’étions pas préparés à telle crise, mais pouvions-nous l’être ? Nous manquions de matériel, notamment de réactifs qui nous permettent de réaliser les analyses. Nous disposions de peu de protection (masques, sur-blouses). Nous sommes passés d’un à quatre automates. Il a fallu renforcer les équipes, les former.

A partir de septembre, comment la situation a-t-elle évolué ?

Nous avons connu une véritable explosion des tests. En octobre, le pic de 3.000 dépistages par semaine a été atteint, soit quasiment le doublement de notre activité. Les mesures fortes du gouvernement nous ont permis d’intégrer des étudiants en deuxième année de médecine, dentaire, pharmacie ou sage-femme pour réaliser les prélèvements. Des infirmières et des kinésithérapeutes ont également été appelés en renfort. Dans le même temps, nous avons recruté des techniciens en biologie moléculaire et des secrétaires. Cette dernière fonction est très sensible, car elle consiste notamment à recueillir les données des patients et de les transmettre en temps réel pour le “contact-tracing“, tout en assurant l’accueil d’une manière humaine.

Quelles sont les perspectives ?

Nous nous préparons à accueillir un grand nombre de patients qui vont souhaiter un dépistage avant les fêtes. Je comprends qu’ils aient envie d’être rassurés avant de voir un parent, surtout s’il est à risque. Une certitude : les vaccins devraient contribuer à nous soulager. Mais il faudra tout de même continuer à se protéger et à protéger les autres, en portant le masque, en respectant les gestes barrière et en aérant régulièrement.

Crédit photo : Les Echos