ASTRONOMIE 2000
                                                             ÉCLIPSES

 Heures           Trajet    Phases partielles   Diamant    Totalité    Couronne Solaire    Aspect du Ciel

  l'éclipse en Lorraine    Photographier    Filmer    Prochains Rendez-Vous      DANGERS

  GALERIE                                  LEGENDES                                
  



 

LES RISQUES

 Des lésions graves…

     L'observation sans précaution d'une éclipse de soleil est susceptible d'entraîner des lésions ophtalmologiques graves,
     en raison de l'apparition de brûlures rétiniennes après observation de la lumière solaire intense. En effet, la rétine est
     naturellement protégée des radiations ultraviolettes de longueur d'onde inférieure à 380 nanomètres (UVB et UVA
     courts) ou supérieures à 1400 nanomètres (infra-rouges longs), car ces radiations sont arrêtées au niveau des
     éléments antérieurs de l'oeil : cornée, cristallin et milieu intérieur de l'oeil. Mais l'exposition de la rétine à des radiations
     dont la longueur d'onde se situe entre ces deux valeurs est responsable de lésions parfois irréversibles.

...Y compris en cas d'exposition courte

     L'élévation de température au niveau des cellules rétiniennes est responsable d'une dénaturation des protéines des
     cellules qui constituent l'épithélium rétinien. Il suffit d'une exposition de courte durée pour constater de telles lésions,
     elles peuvent apparaître après moins de 60 secondes d'observation sans protection. Des altérations rétiniennes
     peuvent être constatées pour des temps d'exposition plus courts en cas de maladie rétinienne préexistante : maladie
     vasculaire ou dégénérative par exemple. Ces lésions sont dues en particulier à l'exposition aux rayonnements
     infrarouges courts de longueur d'onde située entre 500 et 1400 nanomètres, contenus dans le rayonnement solaire. La
     lumière visible et les ultraviolets courts sont également responsables d'une rétinopathie photochimique par des
     phénomènes photooxydatifs, ainsi que par photocoagulation de la rétine en raison d'une transformation de la lumière
     incidente en chaleur au niveau de la rétine. Dans les deux cas, la conséquence est la formation de zones rétiniennes
     aveugles.

...Ou d'exposition discontinue

     La lumière intense du soleil ne permet pas de le regarder de manière prolongée en raison de la gêne importante que
     cette observation provoque. Aussi un observateur non-averti peut-il être tenté de le regarder de manière discontinue
     mais répétée à de nombreuses reprises tout au long de l'évolution de l'éclipse. Cette manière de procéder est
     également dangereuse car elle conduit à une accumulation d'agressions successives de la rétine conduisant au même
     résultat qu'une observation continue prolongée. L'utilisation d'instruments d'optique (jumelles, télescope, appareil photo)
     est extrêmement dangereuse, les lésions rétiniennes pouvant alors s'observer en une fraction de seconde.

 Des troubles visuels à une diminution irréversible de l'acuité

     Ces lésions ne s'accompagnent d'aucune douleur ou symptôme immédiat, ce n'est que quelques heures, voire
     quelques jours plus tard qu'apparaissent des signes cliniques de troubles visuels ou de baisse de l'acuité visuelle, dont
     le pronostic dépend de l'importance du phototraumatisme initial. Ces lésions peuvent régresser lentement sans
     séquelles en quelques semaines ou mois. Cependant des séquelles peuvent persister : elles vont de simples troubles
     visuels à une diminution irréversible de l'acuité visuelle pouvant dans les cas les plus graves aller jusqu'à une cécité
     totale.

     Au cours des dernières décennies, la littérature médicale a rapporté lors de chaque éclipse solaire la survenue de
     plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de cas de pertes ou d'altérations sévères de la vision, en l'absence de
     protection oculaire adaptée (voir la fiche "Moyens de Protection"). Les cas recensés ne représentent probablement
     qu'une partie du nombre total des accidents. L'Institut National de Veille Sanitaire (InVS) a été chargé de procéder au
     recensement des cas de brûlure rétinienne provoqués par cette éclipse.

 

                                    LES MOYENS DE PROTECTION

 Des moyens adaptés

     L'Académie Nationale de Médecine, dans son voeu du 30 juin 1998, a attiré l'attention sur la nécessité d'utiliser des
     moyens de protection adaptés à l'observation directe du soleil. Pour être réellement efficaces, ces moyens doivent
     assurer une filtration effective des rayonnements solaires sur tout le spectre de ce rayonnement, y compris les
     ultra-violets et infrarouges. La densité optique des filtres doit être au moins égale à 5, c'est à dire qu'elle ne doit laisser
     passer qu'un cent millième des radiations. Ainsi une protection qui permettrait un bon obscurcissement de la lumière
     visible, mais n'assurerait pas une filtration efficace des infrarouges serait faussement sécurisante et par conséquent
     dangereuse.

 L'observation indirecte : à manier avec précaution

     Il est possible d'observer une éclipse de manière indirecte en toute sécurité : le procédé consiste à projeter l'image du
     soleil sur une surface, à travers un petit trou d'un ou deux millimètres percé dans un carton mince ou une feuille de
     métal. Il convient cependant de bien manier le dispositif et de ne pas tenter de regarder l'éclipse directement à travers
     le trou.

 Des moyens classiques à déconseiller

     Pour l'observation directe du soleil, il existe des moyens classiques, mais présentant des risques, comme la lame de
     verre noircie à la flamme d'une bougie ou d'une lampe à pétrole. Le procédé n'est pas recommandable, car la densité
     de la fumée n'est généralement pas uniforme, la couche de carbone est fragile et peut facilement être arrachée. Par
     ailleurs la filtration des infrarouges est également insuffisante.

     La superposition de plusieurs films radiologiques ou photographiques noir et blanc complètement et uniformément
     exposés, ne peut constituer un filtre efficace que si les émulsions de ces films contiennent de l'argent. La présence de
     colorants en remplacement de l'argent conduit à une très mauvaise filtration des infrarouges. Il en va de même de
     l'utilisation de plusieurs films photographiques couleurs exposés superposés.

     La superposition de plusieurs paires de lunettes de soleil, même très denses comme les lunettes de glacier,
     constitue un filtre inefficace et dangereux.

Des lunettes aux normes européennes pendant toute la durée de l'éclipse

     La meilleure protection est représentée par les verres de soudeur utilisés en particulier pour la soudure à l'arc. Leurs
     caractéristiques sont définies dans la norme européenne EN169 :1992 qui définit plusieurs niveaux de densité selon les
     usages. Seuls les verres de densité 12 à 16 définis dans la norme sont utilisables en toute sécurité pour l'observation
     directe du soleil lors d'une éclipse. Le maniement de ces verres est délicat, ils ne sont pas toujours d'une taille
     adaptée, le prix est assez dissuasif pour une utilisation unique et de courte durée.

     Des lunettes d'observation directe du soleil de faible coût, possédant des caractéristiques comparables aux verres de
     soudeur, ont été développées depuis quelques années et produites en grande quantité à l'occasion des éclipses. La
     partie filtrante est constituée soit de films plastiques transparents, notamment de type Mylar® recouverts d'une fine
     couche d'aluminium, soit de films de polymère noir teintés dans la masse. Ces films sont généralement fixés sur des
     montures en carton qui doivent être suffisamment larges pour assurer une bonne protection des yeux de l'utilisateur.

     Ces lunettes sont des équipements de protection individuelle au sens de la directive 89/686 CEE du 21 décembre
     1989. Elles doivent à ce titre répondre aux dispositions prévues par la directive, en matière de conformité à des règles
     techniques de conception et de fabrication. Ces lunettes doivent avoir fait l'objet d'une vérification par un organisme
     certificateur européen, qui délivre une attestation de conformité. Le marquage CE de conformité de type est obligatoire
     et doit figurer sur les lunettes de même que les références du fabricant ou de l'importateur identifié comme tel et de
     l'organisme certificateur. Les lunettes sont accompagnées d'une notice d'utilisation en français, qui peut figurer sur la
     monture. Pour assurer une bonne protection, les lunettes ne doivent être retirées de leur emballage qu'au moment de
     l'utilisation, afin d'éviter les rayures ou les trous, en raison de la fragilité des films plastiques. Un moyen simple permet
     de vérifier rapidement la qualité de ces lunettes : l'observation d'une lampe à incandescence claire placée à une
     vingtaine de centimètres des lunettes doit permettre de voir uniquement et distinctement le filament de manière
     homogène sur toute sa longueur.

     Les lunettes doivent être conservées durant toute la durée de l'observation de l'éclipse partielle. Elles ne peuvent être
     retirées que durant la brève période d'observation de l'éclipse totale, afin de profiter du spectacle exceptionnel qu'offre
     ce phénomène.

HAUT DE PAGE