Le voyage du District 1790 a permis de rencontrer les bénéficiaires des actions du Club de Gérardmer et du CIP France Arménie. Ensemble ils œuvrent pour la région de Gumri et Spitak, épicentre du tremblement de terre de 1988.

Engagés depuis la fin des années 1980, l’aide et le soutien du District 1790 et du CIP France-Arménie à l’Arménie ont connu des succès et des fortunes diverses. Le regretté past Gouverneur, Henri Ferretti avait en son temps relancé la démarche autrefois initiée par le RC Gérardmer. En se rendant sur place, la délégation rotarienne du District a connu à la fois un coup de cœur pour l’accueil et la fraternité qui lui ont été témoignés, mais en même temps un désappointement par rapport à l’arrivée des moyens de soutien et de leur utilisation. Néanmoins tout le monde a succombé aux charmes de ce petit pays de 3 millions d’âmes balayé par les haines et les intérêts impériaux successifs. Il offre désormais un profil post-soviétique et n’en a pas terminé avec la guerre qui l’oppose à son voisin.

L’Arménie est un pays de montagnes, à l’Est du mont Ararat (5125 m), sans accès à la mer. Le lac Sevan est le plus haut lac alpin du monde, après le Titicaca. Au XVIIe siècle, sous l’Empire ottoman, la grande Arménie comprenait une large partie de la Turquie; puis la Russie s’est imposée,  le seul pays chrétien orthodoxe parmi les voisins musulmans. Le génocide de 1915 a réduit l’Arménie à sa dimension actuelle.

L’Arménie est un pays 100 % chrétien.  Son église est autocéphale, ce qui lui a permis de ne pas être assimilée par les envahisseurs. Le patriarche, appelé catholicos réside à Ejmiatzin, où il a accueilli le pape en 2016.  En 1988 le tremblement de terre a détruit le tiers nord du pays. Deux ans plus tard, c’est la chute de l’URSS, le départ des soviétiques, l’effondrement de l’économie, l’arrêt des usines, qui sont intervenus. L’Arménie acquiert son indépendance et bien vite, survient la guerre avec l’Azerbaïdjan pour garder le Haut-Karabakh chrétien. Le conflit dure cinq ans, durant lesquels l’électricité ne fonctionne qu’une heure par jour. Aujourd’hui des soldats russes stabilisent encore les frontières avec les Géorgiens, les Azéris et les Turcs. La courte frontière avec l’Iran est ouverte aux échanges commerciaux, comme la frontière avec la Géorgie.

Danse et musique donnent le « la »

Nous avons beaucoup roulé en bus, sur la route de la soie avec la découverte d’un caravansérail du XIIIe siècle. Les visites de très nombreuses églises arméniennes remontant, pour certaines, au quatrième siècle époque de la naissance du christianisme avec St Grégoire l’Illuminateur qui a converti le roi Tiridate III, ont ponctué ce séjour. C’est à cette époque que le pays a adopté la religion chrétienne.

La raison de notre voyage a consisté à rencontrer les bénéficiaires des actions du Rotary de Gérardmer et du CIP France Arménie.  Ils œuvrent pour la région de Gumri et Spitak, épicentre du tremblement de terre de 1988. Nous avons visité les deux hôpitaux de ces villes qui n’ont pas convaincu les professionnels de santé du voyage. En revanche, nous avons tous été séduits par l’accueil, qui nous a été réservé à l’école des Arts de Gyumri, où la directrice Karine a réalisé un travail exceptionnel.  Nous avons pu nous en rendre compte au cours d’un spectacle de musique et de danse réalisé par élèves et professeurs. Une prestation d’une rare qualité, suivie d’un magnifique repas confectionné par les mamans de l’école. Le tout dans une grande convivialité et avec beaucoup d’émotion pour les 22 participants. Ceci témoigne d’une activité structurante dans une ville défavorisée. Nous emportons aussi un magnifique souvenir de Érévan et de son musée du livre, le Maténadaran, qui est la mémoire de ce pays au très riche passé culturel (parchemins du Vème siècle). Tout au long du séjour, nous n’avons fait que deviner le mont Ararat, derrière les nuages, mais dont l’effigie figure, pour notre consolation, sur nos visas.

Hedwige Vernin

Septembre 2017