Notre gouverneur Jacky Chef m’a demandé de rédiger un article sur la prévention des maladies : vaste sujet primordial pour la qualité et la durée de notre vie. En ces temps où la vaccination protectrice des personnes et de la société est contestée, il est urgent de remettre en perspective les réalités.

Depuis 1960 notre espérance de vie a régulièrement augmenté tous les ans de deux à trois mois par année, jusqu’en 2015, où un recul de trois mois a été enregistré. Les épidémiologistes l’attribuent à un taux insuffisant de vaccination contre la grippe. Se protéger contre bactéries et virus s’accomplit de deux façons : Activement par mesures d’hygiène, environnement, alimentation et traitements  médicamenteux. Passivement quand il n’y a pas de traitement possible : c’est la vaccination. En étant vacciné, nous nous protégeons contre une maladie infectieuse, mais nous protégeons aussi la société qui nous entoure en ne devenant pas contagieux. Il est paradoxal qu’au pays de Louis Pasteur, la population ne se soit jamais autant méfiée des vaccins : une surévaluation des risques, une hypermédiatisation des problèmes posés par de très rares accidents liés à une vaccination et aussi un lobbying important des détracteurs de la vaccination (sites internet nombreux et orientés) en sont la cause.

Exemple-type : l’épidémie de grippe, qui a provoqué tant de décès les deux années passées. Un bilan qui résulte certes d’un variant qui n’avait pas été repéré, mais aussi de ce que le taux de couverture vaccinale n’est pas suffisant pour bloquer la dispersion du virus : 49 au lieu des 75 % recommandés par les responsables de Santé publique. Comme disent les épidémiologistes : « si tu refuses la vaccination, essaye la maladie ! » Pour nous, Rotariens, l’éradication de la polio est notre combat depuis 30 ans et la poliomyélite ne sera considérée éradiquée par l’OMS, que trois ans après la déclaration du dernier cas dans le monde. Nous n’en sommes plus si loin, mais la couverture mondiale pour la vaccination polio n’est que de 86 %, alors que les autorités sanitaires déclarent qu’il faudra atteindre une couverture de 95 % pour être à peu près sûrs d’être à l’abri de la réapparition de la maladie. (Voir l’article sur la journée mondiale contre la polio du numéro de décembre 2016 du Rotarien : concis et utile rappel.)

La couverture vaccinale pour la polio en France est pour les nourrissons de 98 %, en maternelle de 96 %, en CM2 de 89 %, à 15 ans de 84 % et à 65 ans de 44 %. Ce qui prouve bien que les rappels ne sont pas réalisés : vérifiez la date de votre dernier rappel tétravalent : vaccin remboursable ! Pensons à nos « chères petites têtes » que nous sommes si heureux d’accueillir dans le foyer de nos enfants et que nous sommes si fiers de porter dès la naissance. Il ne faut pas relâcher le combat : la crise récente des migrants a poussé l’ARS à renforcer les contrôles sanitaires de recherche du virus en particulier dans la région parisienne. 150.000 contrôles, financés par le Rotary, sont effectués chaque année dans le monde dans les régions à risque.   Le Rotary finance aussi les indemnités des millions de bénévoles qui participent aux JNV : journées nationales de vaccination. Dans les pays en voie de développement, la santé est encore un défi à gagner lorsque nous essayons d’augmenter la durée de vie des populations grâce aux vaccinations, à l’hygiène, à l’accès aux soins et aux médicaments. Si nous avons la chance de vivre dans un pays, où le risque de contracter une maladie infectieuse est faible et où nous sommes libres de nous faire vacciner ou non: ayons le geste altruiste qui protège les personnes vulnérables autour de nous.                         

Philippe Watrin, RC Nancy Saint Nicolas de Port